Rencontre avec les Hadzabés de Tanzanie.

by · 6 février, 2012

Rencontre avec les Hadzabés de Tanzanie.

Il y a des rencontres, des regards que l’on ne peut pas oublier…

J’ai rencontré en Tanzanie une famille d’une tribu Hadza, les Hadzabés. Leur terre se situe dans les environs..

du lac Eyasi. Porteurs de savoirs-faire millénaires transmis de génération en génération, ils vivent de chasse et de cueillette comme le faisaient leurs ancêtres et sont parmi les derniers représentants des nomades d’Afrique. Leur langue, l’hadza, est considérée comme un isolat par certains linguistes. La présence d’un certain type de consonnes en fait une langue à « clics ».

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Une famille Hadza, Lac Eyasi - ArticlePHOTO.com/Arnaud Joron

Notre rencontre :

Au petit matin, après plusieurs heures de chemin hors-pistes, notre fixeur retrouve une famille hadzabés, derniers représentants de ce mode de vie ancestrale. Nous les trouvons dans des bosquets au bord d’une rivière asséchée. Toute la famille est là, autour d’un feu en train de s’éteindre. Ils ont passé une partie de la nuit autour du feu et sont recouverts de cendres. Les plus jeunes sont hagards, les yeux irrités par la fumée.

Après des présentations rapides, Le père de famille nous propose d’accompagner ses deux grands fils à la chasse. Nous les suivons.

Hunting, Lac Eyasi - ArticlePHOTO.com/Arnaud Joron

La quête est soutenue, le rythme effréné. Quelques flèches sont tirées sans grande conviction sur quelques poulardes surprises. Ils cherchent plus gros que la volaille. Ils veulent des Dik dik et nous les ralentissons. Soudain, sur la piste, pendant la chasse, ils trouvent les restes d’une carcasse de Dik dik. Il ne reste pas grand-chose: les pattes, les abats, la tête… Immédiatement, ils réunissent quelques branches et font un feu. Sans perdre de temps ils disposent ces restes sur des brindilles sèches et allument le feu en utilisant leur technique ancestrale.

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Barbecue improvisé, Lac Eyasi - ArticlePHOTO.com/Arnaud Joron

Le feu s’embrase. Ils décortiquent rapidement les pattes, la tête et les boyaux sur le barbecue improvisé et se délectent des restes de cette proie facile.

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Une flèche pour fourchette - © ArticlePHOTO.com/Arnaud Joron

Notre traducteur nous explique que ce sont les restes de chasse d’une autre tribu qui opèrent en toute impunité sur les terres des Hazabés. Les braconniers chassent la nuit, à la lampe, méthode non utilisée pas ces derniers. Ils ne sont pas contents que ces tribus viennent chasser sur leurs territoires, d’autant plus qu’ils utilisent des méthodes non traditionnelles qui ne sont pas les leurs, et déciment les gibiers sauvages de leurs terres.

Les Hadzabés décident de revenir au campement, sans trophée, hormis quelques fruits de Baobab, décrochés à l’aide de branches et de pierres sur le chemin du retour. A notre arrivée, une belle surprise nous attend. Le fils, trop jeune pour les accompagner à la chasse, a réussi à abattre un lapin avec son arc. Il l’a dépecé et a exposé fièrement la dépouille sur un arbuste. J’en profite pour immortaliser ce moment… Il accepte avec fierté. Ce regard, cet instant me marqueront pour longtemps…

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Il y a des rencontres que l'on ne peu pas oublier..

Belle aventure que cette rencontre, mais l’on ne peut s’empêcher d’avoir un œil critique sur leur situation précaire, leur santé fragile. Le monde moderne qui ne leurs fait pas de cadeau.

Ils font vivre leur culture et leur tradition via une aide financière des tours opérators, mais ont-ils vraiment le choix ? Ils ne veulent pas vivre avec les facilités du monde moderne qui les entourent, mais comment les aider sans les dénaturer ? Faut-il stopper ces visites des tours opérators qui incluent la possibilité aux touristes de tirer à l’arc, d’acheter un collier en porc-épic et de s’initier aux techniques pour faire du feu de manière primitive ?

Je ne suis qu’observateur, je n’ai pas forcément les réponses mais l’exploitation et le voyeurisme me font un peu peur et j’espère que ces tribus seront sauvegardées et tenues un peu plus loin de notre curiosité touristique pour sauvegarder leur mode de vie, leur indépendance.

Des associations proposent d’aider ces tribus à reconquérir leurs terres. les Hadzas, sont maintenant propriétaires de leurs terres.

Voici quelques liens qui nous semblent pertinents sur le sujet, si vous souhaitez en savoir plus :

Un  aute reportage en complément :

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