24 hommes et 3 secondes – Formula one

by · 26 mars, 2012

La F1 est un sport d’équipe.

Le changement de pneus en est la plus belle démonstration. En quelques secondes, les mécaniciens réalisent une chorégraphie qui peut faire basculer une course. Retour sur cet exercice vu de l’intérieur.

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Team Forceindia – © ArticlePHOTO / Arnaud Joron

La F1 peut apparaître aux yeux du grand public comme un sport individuel.

Vingt-six pilotes s’affrontent en piste et aux quatre coins du globe pour déterminer celui qui aura le privilège de porter le n°1 sur le capot de sa voiture pendant toute une saison. Cette vision, si elle n’est pas fausse, n’en reste pas moins très réductrice. La F1 est avant tout un sport d’équipe. Si l’on devait faire un parallèle avec le sport roi qu’est le football, le pilote ne serait non pas le n°1 mais le n°9, à savoir le buteur. Avant qu’il n’inscrive son nom au palmarès d’une course, son équipe abat un travail de titans fait de stratégie, de technologie, de mécanique et de nuits blanches. Il n’est toutefois pas toujours facile de mesurer l’intensité de ce travail d’équipe devant son écran de télé ou même dans les tribunes d’un Grand Prix.

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Concentration – © ArticlePHOTO.com/Arnaud Joron

Lors de notre immersion au Grand Prix du Japon 2011 à Suzuka, nous avons eu la chance de partager la vie des écuries de l’intérieur et notamment d’assister aux entraînements d’arrêts aux stands chez Force India.

 Depuis deux saisons, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a rendu ses lettres de noblesse aux fameux « pit-stops ». Le ravitaillement en essence a été banni et seuls les changements de pneus sont autorisés, ce qui engage les équipes dans la quête de l’arrêt parfait, c’est-à-dire le plus bref qui soit. En quittant Suzuka, nous n’avions aucun doute : la formule 1 est bien un sport d’équipe et l’arrêt au stand en constitue l’un des symboles les plus visuels.

Dans les années 1990, le changement de pneus se faisait en cinq à six secondes. Aujourd’hui, les écuries l’ont ramené à trois secondes. C’est l’œuvre de 23 personnes, toutes casquées et aux couleurs de l’écurie, ce qui renforce l’attraction visuelle de ce type d’exercice.

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Loading – © ArticlePHOTO.com/Arnaud Joron

Trois mécaniciens sont positionnés à chaque roue.

Le premier s’occupe de l’écrou à l’aide d’un pistolet, le second retire la roue et le troisième emboite la nouvelle. Le bruit du pistolet à air comprimé, si caractéristique, accroît l’impression de vitesse et de perfection dans l’exécution. Du moins tant que la mécanique ne se grippe pas.

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Team Force India F1 en action – © ArticlePHOTO.com/Arnaud Joron

A l’arrière, un mécanicien est préposé au démarreur au cas où la voiture calerait tandis que deux autres la soulèvent avec un lève-vite à l’arrière et à l’avant. Cette dernière position n’est pas sans risque : au cours des dernières années, plusieurs  » leveurs  » ont été renversés, parfois blessés, le pilote estimant mal la distance de freinage. Enfin, un dernier mécanicien est posté au nez de la monoplace avec  » la sucette « . Il la tournera pour indiquer au pilote qu’il peut enclencher la première puis la lèvera pour le libérer en piste. Cet homme tient le succès final de l’arrêt au stand entre ces mains. S’il est trop lent, quelques précieux dixièmes seront perdus. S’il anticipe trop la fin de l’exercice, le pilote repartira sur trois roues…

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Instant decisif du  » pit-stop  » – © ArticlePHOTO/Arnaud Joron

Chaque mécanicien ayant changé une roue doit indiquer qu’il a opéré avec succès en tendant le bras. Cette procédure n’empêche pas les accidents mais réduit considérablement leur nombre.

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F1 ready – © ArticlePHOTO/Arnaud Joron

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Last controle – © ArticlePHOTO/Arnaud Joron

Pour arriver au nombre de 23 personnes, il convient encore de souligner que deux personnes s’affairent sur l’aileron avant au cas où il serait nécessaire de modifier des réglages. Enfin, quatre mécaniciens, qui s’apparentent à des remplaçants, tiennent une roue dont le pneu offre une spécificité différente (plus dure, plus tendre ou « pluie ») et sont prêts à intervenir. Le dernier homme-clé n’est autre que le pilote qui doit concrétiser en piste les efforts de son équipe.

Un dernier chiffre : en 2011, le nombre total d’arrêts aux stands a été de 1111, selon les données de Pirelli. Très peu, une trentaine pas plus, ont été mal exécutés. La palme de la vitesse revient à Mercedes GP qui a exécuté un changement de pneu en 2,82 secondes…

 

 

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